Il y a quelques années, j’ai vu passer un article qui disait : « Mettez un Pothos dans chaque pièce et votre air sera pur comme en montagne. » J’ai trouvé ça beau. J’ai aussi trouvé ça suspect.
La vérité sur les plantes dépolluantes, elle est entre les deux. Oui, certaines plantes absorbent des polluants. L’étude NASA de 1989 l’a prouvé en laboratoire. Mais non, trois plantes dans un salon ne transforment pas un appartement mal ventilé en forêt vierge. La science est nuancée — le marketing l’est beaucoup moins.
Voici ce que je sais après avoir creusé le sujet, lu les études, et rempli mon appartement de plantes. Pas pour purifier l’air. Mais parce que ça ne peut pas faire de mal — et que ce sont, au passage, de magnifiques plantes d’intérieur.
Ce que dit vraiment l’étude NASA
En 1989, le Dr Bill Wolverton a mené pour la NASA une étude sur la capacité des plantes à filtrer les COV (composés organiques volatils) dans un environnement confiné — l’objectif étant les futures stations spatiales.
Les résultats en laboratoire étaient impressionnants : certaines plantes éliminaient jusqu’à 80 % du formaldéhyde dans une chambre hermétique de 1 m³ en 24 heures.
Le problème : un appartement n’est pas une chambre hermétique d’1 m³. Les volumes d’air sont 50 à 200 fois plus importants, et l’air se renouvelle constamment par la ventilation. Une étude de 2019 publiée dans le Journal of Exposure Science & Environmental Epidemiology a recalculé : il faudrait environ 10 à 100 plantes par mètre carré pour avoir un effet comparable à celui d’ouvrir une fenêtre.
En résumé : les plantes absorbent bien des polluants, mais leur capacité est très modeste à l’échelle d’un logement. Ce n’est pas une raison pour ne pas en avoir — elles humidifient l’air, réduisent le stress (c’est prouvé), et sont esthétiquement irremplaçables. Mais n’achetez pas un Spathiphyllum en pensant qu’il remplace un aérateur.
Les 12 plantes et les polluants qu’elles ciblent
| # | Plante | Polluants filtrés (étude NASA + études complémentaires) | Facilité | Toxicité animaux |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Spathiphyllum (Fleur de lune) | Formaldéhyde, benzène, trichloréthylène, ammoniac, xylène | ★★★★☆ | ⚠️ Toxique |
| 2 | Sansevieria (Langue de belle-mère) | Formaldéhyde, benzène, trichloréthylène, xylène | ★★★★★ | ⚠️ Légèrement toxique |
| 3 | Pothos (Epipremnum aureum) | Formaldéhyde, benzène, monoxyde de carbone | ★★★★★ | ⚠️ Toxique |
| 4 | Chlorophytum (Plante araignée) | Monoxyde de carbone, formaldéhyde, benzène, toluène | ★★★★★ | ✅ Non toxique |
| 5 | Ficus elastica (Caoutchouc) | Formaldéhyde (très efficace) | ★★★★☆ | ⚠️ Légèrement toxique |
| 6 | Dracaena marginata | Formaldéhyde, benzène, xylène, trichloréthylène | ★★★★☆ | ⚠️ Toxique chats/chiens |
| 7 | Palmier Areca (Chrysalidocarpus lutescens) | COV multiples, humidification naturelle | ★★★☆☆ | ✅ Non toxique |
| 8 | Fougère de Boston (Nephrolepis exaltata) | Formaldéhyde, xylène + humidification | ★★★☆☆ | ✅ Non toxique |
| 9 | ZZ Plant (Zamioculcas) | Xylène, toluène, benzène | ★★★★★ | ⚠️ Toxique |
| 10 | Aloe vera | Formaldéhyde, benzène | ★★★★☆ | ⚠️ Toxique chats |
| 11 | Aglaonema | Formaldéhyde, benzène | ★★★★☆ | ⚠️ Toxique |
| 12 | Anthurium | COV, ammoniac | ★★★☆☆ | ⚠️ Toxique |
Pièce par pièce : quelles plantes installer où
Plutôt que de mettre des plantes au hasard, voici mes recommandations par pièce, basées sur l’exposition lumineuse et les polluants typiques de chaque espace :
Salon / Séjour
Polluants principaux : formaldéhyde (meubles, parquet), COV (bougies, peintures) Plantes recommandées : Pothos (retombant sur une étagère), Ficus elastica (arbre d’angle), Palmier Areca (volume, humidification)
Chambre
Polluants principaux : formaldéhyde (literie, armoire), CO₂ nocturne Plantes recommandées : Sansevieria (absorbe le CO₂ la nuit), Aloe vera (tolère la faible lumière)
Cuisine
Polluants principaux : monoxyde de carbone (gaz), ammoniac (produits ménagers) Plantes recommandées : Chlorophytum (CO filtre, non toxique), Spathiphyllum (ammoniac)
Bureau / Pièce de travail
Polluants principaux : COV (imprimante, mobilier neuf, écrans) Plantes recommandées : Dracaena marginata (filtre large spectre), ZZ Plant (tolère l’oubli)
Salle de bain
Polluants principaux : ammoniac (produits d’entretien), humidité excessive Plantes recommandées : Fougère de Boston (adore l’humidité), Spathiphyllum
Le top 3 pour les débutants (et les oublieux)
Si vous voulez des plantes qui purifient l’air ET qui survivent à votre négligence :
1. Le Pothos — Quasiment indestructible, tolère l’ombre et l’oubli d’arrosage. Se bouture dans un verre d’eau. Filtre le formaldéhyde. Seul bémol : toxique pour les animaux.
2. La Sansevieria — N’a besoin d’eau qu’une à deux fois par mois. Absorbe les polluants même la nuit grâce à son métabolisme CAM. Parfaite pour les chambres.
3. Le Chlorophytum — La seule du trio qui soit non toxique pour les animaux. Se multiplie toute seule en produisant des stolons avec des bébés plantes. Excellente contre le monoxyde de carbone.
Bémol important : le Pothos, le Spathiphyllum, le Dracaena et le ZZ Plant contiennent des oxalates de calcium. Si vous avez des chats ou des chiens curieux, privilégiez le Chlorophytum, la fougère de Boston et le palmier Areca — tous trois non toxiques.
Les polluants domestiques les plus courants
Pour comprendre l’intérêt des plantes, il faut d’abord savoir ce qu’il y a dans l’air de nos logements :
| Polluant | Sources courantes | Effets sur la santé | Plantes les plus efficaces |
|---|---|---|---|
| Formaldéhyde | Meubles aggloméré, colles, peintures, textiles | Irritation yeux/gorge, maux de tête | Spathiphyllum, Sansevieria, Ficus |
| Benzène | Tabac, bougies parfumées, peintures | Cancérigène (exposition longue) | Dracaena, Pothos, Chrysanthème |
| Trichloréthylène | Produits de nettoyage à sec, colles | Étourdissements, nausées | Spathiphyllum, Dracaena |
| Xylène | Peintures, vernis, insecticides | Irritation respiratoire | Dracaena, Fougère de Boston |
| Ammoniac | Produits ménagers, tabac | Irritation muqueuses | Spathiphyllum, Anthurium |
| Monoxyde de carbone | Cuisinière gaz, cheminée | Dangereux à forte dose | Chlorophytum, Pothos |
Ce qui fonctionne vraiment pour améliorer l’air intérieur
Les plantes sont un élément d’une stratégie globale. Voici l’ordre de priorité réel, du plus efficace au moins efficace :
- Aérer 10 minutes matin et soir — c’est le geste n°1, incontournable
- Limiter les sources — meubles labellisés A+, peintures sans COV, ménage au vinaigre
- Ventilation mécanique — VMC ou purificateur d’air HEPA pour les allergiques
- Plantes d’intérieur — complément appréciable, surtout pour l’humidification et le bien-être
- Plantes dépolluantes spécifiques — bonus ciblé sur certains polluants
Ce classement ne diminue pas l’intérêt des plantes. Elles apportent du bien-être psychologique (les études sont unanimes sur ce point), elles humidifient l’air (important en hiver avec le chauffage), et elles rendent votre appartement plus vivant. Simplement, ne comptez pas sur elles comme unique système de dépollution.
Envie de commencer ? Le guide complet des plantes d’intérieur vous aide à choisir les espèces adaptées à votre luminosité et à votre mode de vie. Et si vous voulez l’une des meilleures dépolluantes en version multivariétés, découvrez les 12 variétés de Chlorophytum à connaître.
Questions fréquentes
Les plantes dépolluantes fonctionnent-elles vraiment ?
En laboratoire, oui — l'étude NASA de 1989 a démontré que certaines plantes absorbent des COV comme le formaldéhyde et le benzène. En conditions réelles (un appartement de 50 m²), l'effet est beaucoup plus modeste. Il faudrait des dizaines de plantes par pièce pour avoir un impact mesurable. Les plantes sont un complément bienvenu, pas un substitut à l'aération. Ouvrir les fenêtres 10 minutes par jour reste la méthode la plus efficace pour renouveler l'air.
Combien de plantes faut-il pour purifier une pièce ?
L'étude NASA suggérait 1 plante pour 9 m² dans un environnement confiné (station spatiale). Dans un appartement avec ventilation normale, c'est une estimation optimiste. En pratique, même 3-4 plantes dans une pièce apportent un bénéfice d'humidification et un confort psychologique prouvé, même si l'effet dépolluant pur reste limité.
Quelle est la meilleure plante dépolluante pour une chambre ?
La Sansevieria (langue de belle-mère) est idéale pour la chambre : elle pratique la photosynthèse CAM, ce qui signifie qu'elle absorbe le CO₂ la nuit (contrairement à la majorité des plantes). Elle filtre aussi le formaldéhyde et le benzène, ne demande presque aucun entretien et tolère parfaitement la faible luminosité d'une chambre.
Les plantes dépolluantes sont-elles dangereuses pour les animaux ?
Certaines le sont. Le Pothos, le Spathiphyllum, le Dracaena et le Ficus sont toxiques pour les chats et les chiens (oxalates de calcium ou saponines). Les alternatives non toxiques incluent le Chlorophytum, la fougère de Boston, le Calathea et le palmier Areca. Vérifiez toujours la toxicité avant d'acheter si vous avez des animaux.
Le formaldéhyde est-il vraiment présent dans les appartements ?
Oui, et bien plus qu'on ne le pense. Le formaldéhyde est émis par les meubles en aggloméré, les colles de parquet, les peintures, les produits ménagers, la fumée de cigarette et certains textiles. L'ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire) a mesuré des niveaux préoccupants dans 10 % des logements français. Aérer quotidiennement et avoir des plantes est une bonne habitude.
Passionnée de plantes depuis 15 ans, je partage mes guides de soin depuis mon appartement lyonnais. Ancienne assistante vétérinaire, j'apporte un regard scientifique accessible à l'entretien du végétal.