Ma voisine taille ses hortensias tous les ans en février, en même temps que ses rosiers. Deux massifs, deux résultats. Les panicules blanches du fond du jardin explosent chaque juillet. Les grosses boules bleues de l’entrée n’ont plus fleuri depuis quatre ans.
Elle en a conclu que ses hortensias bleus étaient malades. Ils vont très bien. Ce sont des macrophylla, et elle leur coupe leurs boutons floraux tous les hivers, parce que ces boutons sont déjà en place depuis l’automne précédent sur des tiges qui ont l’air mortes.
Les articles sur les variétés d’hortensia alignent les couleurs et les formes de fleurs. Aucun ne dit clairement que choisir une espèce, c’est choisir un régime de taille pour les quinze ans à venir. C’est pourtant l’information qui fait la différence entre un massif spectaculaire et un buisson vert.
- Nom commun
- Hortensia, hydrangée
- Nom latin
- Hydrangea spp.
- Famille
- Hydrangéacées
- Espèces courantes au jardin
- 6 : macrophylla, serrata, paniculata, arborescens, quercifolia, petiolaris
- Rusticité selon l'espèce
- de -10°C à -30°C
- Exposition
- Mi-ombre en général, plein soleil pour le paniculata
- Sol
- Frais, humifère ; acide obligatoire pour les fleurs bleues
- Floraison
- Juin à novembre selon l'espèce
Bois ancien ou bois de l’année : la ligne de partage
Toutes les espèces d’hortensia se rangent dans deux camps, et ce classement décide de tout.
Dans le premier camp, les espèces qui forment leurs boutons floraux à l’automne, sur les tiges poussées pendant l’été. Macrophylla, serrata, quercifolia et le grimpant petiolaris. Leur floraison de l’année suivante est déjà écrite en octobre. Un sécateur passé en janvier l’efface.
Dans le second, celles qui fabriquent leurs fleurs sur les pousses de l’année en cours. Paniculata et arborescens. On peut les rabattre sévèrement en fin d’hiver, elles repartiront et fleuriront la même saison. Ce sont les hortensias pardonnants.
La règle : sur un macrophylla, on ne coupe qu’après la floraison, en août ou septembre, juste au-dessus de la première paire de gros bourgeons. Tout ce qui se passe entre novembre et avril sur cette plante, à part retirer du bois mort, se paie en fleurs perdues.
Les six espèces en un tableau
| Espèce | Floraison sur | Rusticité | Hauteur | Période de floraison | Sol |
|---|---|---|---|---|---|
| H. macrophylla | Bois de l’an dernier | -10 à -12°C | 1,20 à 1,80 m | juin à septembre | Acide |
| H. serrata | Bois de l’an dernier | froid bien toléré | plus petit que macrophylla | juin à septembre | Acide |
| H. paniculata | Bois de l’année | -25°C | 1,50 à 3 m | juillet à novembre | Calcaire toléré |
| H. arborescens | Bois de l’année | -30°C | 1,60 à 2 m | juin à septembre | Calcaire toléré |
| H. quercifolia | Bois de l’an dernier | -15°C | 1,50 à 2,50 m | juin à août | Acide à neutre |
| H. petiolaris | Bois de l’an dernier | froid bien toléré | 10 à 15 m | juin | Frais, ombre |
Regardez la colonne rusticité avant la colonne couleur. Vingt degrés séparent l’arborescens du macrophylla, ce qui est énorme pour deux arbustes vendus côte à côte sur la même travée de jardinerie.
Macrophylla et serrata : les plus vendus, les plus fragiles
Le macrophylla est l’hortensia de carte postale, celui des jardins bretons et normands, avec ses boules de 15 à 20 cm et son bleu qui vire selon le sol. ‘Nikko Blue’, ‘Ayesha’, ‘Blaumeise’, ‘Hamburg’ : les cultivars se comptent par centaines.
Sa faiblesse est double. Le froid d’abord, avec ces -10 à -12°C qui le mettent en difficulté dès qu’on remonte vers l’est. Les gelées tardives ensuite, plus perverses : -3°C une nuit d’avril suffit à griller les boutons, et la plante passe l’été en pleine forme sans donner une fleur. En Alsace ou en Lorraine, repousser la taille de nettoyage à avril ou mai laisse les tiges protéger les bourgeons pendant tout l’hiver.
Les remontants ont changé la donne. La série Endless Summer fleurit à la fois sur le bois ancien et sur les pousses de l’année, ce qui offre une deuxième chance après un hiver dur. Ça ne les dispense pas d’une taille correcte : la taille d’un Endless Summer obéit à ses propres règles, différentes de celles d’un macrophylla classique.
Le serrata, ou hortensia de montagne, est le petit cousin japonais du macrophylla, avec des fleurs plates en dentelle, un port plus menu et une meilleure tolérance au froid. ‘Bluebird’ et ‘Tiara’ sont les deux noms qu’on croise le plus souvent en pépinière. En pot sur une terrasse, il tient mieux que son grand frère.
La couleur, pour finir, ne dépend pas du cultivar mais du sol. Un bleu franc réclame un pH entre 4,5 et 5,5, et au-dessus de 6,5 la même plante donne du rose, quel que soit le nom sur l’étiquette. Testez. Un kit coûte moins de 10 euros et vous évite quinze ans de déception sur un massif entier.
Paniculata et arborescens : ceux qu’on peut tailler sans trembler
Chez le paniculata, la fleur prend la forme d’un cône allongé plutôt que d’une boule, de juillet jusqu’en novembre selon les cultivars. C’est l’hortensia le plus tardif du jardin. Il supporte le plein soleil, il tolère le calcaire, il descend à -25°C. ‘Limelight’, ‘Vanille Fraise’, ‘Pinky Winky’, ‘Quick Fire’, ‘Fire Light’ couvrent une gamme de blancs qui rosissent en fin de saison.
Sa taille se fait de fin février à mi-mars, avant la montée de sève, en rabattant à 2 ou 4 paires de bourgeons sur les tiges de l’an dernier. Plus la taille est courte, plus les panicules seront grosses et moins elles seront nombreuses. C’est un arbitrage, pas une erreur.
L’arborescens joue dans la même catégorie avec un tempérament encore plus rustique, jusqu’à -30°C. ‘Annabelle’ est le classique absolu : 1,60 à 2 m, des boules blanches qui dépassent 25 cm de diamètre et qui, il faut le dire, s’effondrent sous l’orage si on ne les tuteure pas. ‘Incrediball’ a été sélectionné pour des tiges plus solides. On rabat l’arborescens à 30 ou 50 cm du sol en fin d’hiver, sans état d’âme.
Quercifolia et grimpant : les deux qu’on oublie
Le quercifolia porte des feuilles découpées comme celles d’un chêne, qui virent au rouge pourpre en octobre. C’est le seul hortensia dont on plante autant pour le feuillage d’automne que pour les fleurs. Il monte à 1,50 ou 2,50 m, tient -15°C, fleurit de juin à août. ‘Snowflake’ et ‘Alice’ sont les deux cultivars de référence.
Il fleurit sur le bois ancien, donc même prudence que pour le macrophylla. Dans les faits, on se contente de retirer le bois mort au tout début du printemps. Cet hortensia se passe très bien de sécateur.
Le petiolaris grimpe seul, par crampons, jusqu’à 10 ou 15 m sur un mur au nord. Sa floraison de juin est discrète, en dentelle blanche. Il démarre lentement, deux ou trois ans sans rien faire, puis part d’un coup. Sa taille se fait en juillet uniquement, après la floraison.
Comment choisir sans se tromper
Posez-vous trois questions dans cet ordre, et la réponse tombe.
Votre sol est-il calcaire ? Si oui, paniculata ou arborescens, sans hésiter. Un macrophylla en terre calcaire vivote, jaunit et ne bleuira jamais.
Vos hivers descendent-ils sous -12°C ? Si oui, même réponse, plus le quercifolia à -15°C. Ailleurs, un macrophylla reste un pari.
Avez-vous envie de tailler chaque année ? Si non, prenez un quercifolia ou un paniculata. Le premier n’en demande quasiment aucune, le second se règle en une séance de dix minutes en mars.
Et si vous héritez d’un macrophylla planté par quelqu’un d’autre, la seule chose à faire cette année est de ne rien couper avant sa floraison. Vous saurez en juin ce qu’il vous reste.
Questions fréquentes
Quelle différence entre hortensia macrophylla et paniculata ?
La différence qui compte est la taille. Le macrophylla fleurit sur le bois formé l'année précédente et ses boutons sont déjà en place à l'automne, si bien qu'une taille d'hiver supprime la floraison de juin. Le paniculata, lui, fleurit sur les pousses de l'année : on le rabat à 2 ou 4 paires de bourgeons en fin d'hiver sans rien perdre. Il est aussi plus rustique, jusqu'à -25°C contre -10 à -12°C.
Quel hortensia planter en sol calcaire ?
Un paniculata ou un arborescens, tous deux tolérants au calcaire. Les macrophylla et les serrata veulent un sol acide, et sous un pH de 6,5 seulement ils gardent leurs fleurs bleues : au-dessus, elles virent au rose ou au mauve sale. Pour un bleu franc, il faut descendre entre 4,5 et 5,5 de pH, ce qui n'est pas réalisable partout.
Quel hortensia résiste le mieux au froid ?
L'hortensia arborescens, donné jusqu'à -30°C, suivi du paniculata à -25°C. Le quercifolia tient environ -15°C, le macrophylla seulement -10 à -12°C. Attention aussi aux gelées tardives : un coup à -3°C en avril grille les boutons déjà formés d'un macrophylla et lui coûte sa saison entière, sans abîmer un paniculata.
Quel hortensia choisir pour un pot sur une terrasse ?
Un cultivar compact, sous 60 à 80 cm, dans un contenant d'au moins 30 litres. Les macrophylla compacts et les serrata s'y prêtent bien. Évitez l'arborescens 'Annabelle', qui monte à 1,60 ou 2 m et dont les fleurs de plus de 25 cm de diamètre versent sous la pluie dans un pot trop léger.
Quel hortensia supporte le plein soleil ?
Le paniculata, de loin le plus tolérant, qui fleurit de juillet à novembre en situation ouverte. Un macrophylla, lui, préfère la mi-ombre et brûle en plein soleil dès que l'été chauffe : 4 à 5 heures de soleil direct sont un maximum pour lui, plutôt le matin.
Mon hortensia n'a pas fleuri cette année, est-ce la taille ?
Si c'est un macrophylla ou un serrata taillé en hiver ou début de printemps, oui, presque à coup sûr. Vous avez coupé les bourgeons formés l'automne précédent. La plante repart en feuilles, se porte bien, et ne donne aucune fleur. Sur un paniculata ou un arborescens, cherchez ailleurs : ceux-là refleurissent quoi qu'on leur coupe en février.
Passionnée de plantes depuis 15 ans, je partage mes guides de soin depuis mon appartement lyonnais. Ancienne assistante vétérinaire, j'apporte un regard scientifique accessible à l'entretien du végétal.